La crise des 25 ans

Je viens d’entrer tout doucement dans la trentaine. Elle est là, elle rôdait depuis quelques temps autour de moi. Cependant, cette trentaine, je vais l’assumer pleinement mais cette acceptation est le fruit d’un cheminement… fruit d’une crise, la crise des 25 ans.

25 ans : pas de job, pas de mec, retour à la case départ

Après mon Master, j’ai fait le choix, d’un commun accord avec mes parents, de revenir vivre chez eux. N’ayant pas trouvé d’emploi, je ne pouvais pas m’assumer financièrement. La location de mon appartement d’étudiante n’étant pas donné, je me suis « rapatriée » chez mes parents pour chercher du travail. Bonne entrée en matière pour investir la crise des 25 ans.

Malgré l’insécurité de l’avenir, j’ai vécu le début de cette période avec légèreté. En effet, j’ai décroché deux CDD d’affilés, dont un à une heure de mon lieu de résidence. J’ai donc « squatté » chez des potes. Transportant mes affaires, d’appartement en appartement, je profitais pleinement de cette période où je rencontrais des gens et profitais de ces échanges avec mes amis. Professionnellement, après des débuts difficiles, mon deuxième CDD m’a permis d’évoluer personnellement.

Cependant, comme son nom l’indique tout CDD se termine. Et la crise des 25 ans s’est délectée de prendre le dessus… J’ai quitté la grande ville et les soirées entre amis pour retrouver la maison familiale. Jusque-là rien de grave mais cette situation s’est installée. Au revoir les rêves et les désirs d’étudiante, bienvenue dans la réalité et quelle réalité. Comme le disent de nombreux articles la crise des 25 ans prend le dessus du moment où nos attentes se confrontent au réel. Réel qui n’est aujourd’hui, pas très sécure, que ce soit professionnellement, personnellement, amoureusement, amicalement…

Mon cas était simple, je me retrouvais célibataire, sans travail et dépendante de mes parents.

 

Chômage et crise des 25 ans

Une longue période de chômage s’est installée dans mon quotidien. La recherche d’emploi s’accompagne de périodes d’euphorie et de moments de doutes. La confiance en soi en prend un sacré coup.

J’ai fait le tour de la France pour répondre à des entretiens. De la Picardie, en passant par les Poitou Charentes, les Rhône-Alpes ou encore la région PACA, les réponses étaient souvent les mêmes : pas assez d’expériences, deuxième ou troisième place, etc.

Pendant cette période, j’en ai profité pour sortir faire la fête et essayer d’oublier le quotidien d’un avenir qui ne se dessinait pas. En y réfléchissant, c’était peut-être là encore pour fuir une réalité s’approchant du monde adulte. Cependant, je vivais là les soirées festives que je n’avais pas pris le temps de faire pendant mes études.

La cohabitation avec mes parents était plutôt facile, même si le retour dans le foyer familial après avoir « quitté le nid » demande quelques ajustements de chaque côté.

Je me retrouvais donc à l’orée de mes 25 ans avec un avenir incertain, des questionnements et des doutes plein la tête. La crise des 25 ans se manifeste souvent par une quête de sens. Il était là mon principal objectif donner du sens à ma vie, après avoir suivi un parcours scolaire (presque) sans fautes, après avoir fait des choix par rapport à mes relations sentimentales, après avoir suivi une voie qui me semblait mienne. Le résultat n’en était pas moins réel. Il n’y avait aucun résultat probant d’une stabilité future. A mes yeux, ce qui conditionnait cela était l’obtention d’un emploi. Et ce « vide » professionnel devenait obsessionnel.

 

Crise des 25 ans – Et si la solution était le mouvement ?

Finalement, la solution pour moi était de contrer cette période de latence, de m’opposer à ce chômage. Malgré mon mal-être vis-à-vis de ma réalité professionnelle et de mes espoirs envolés, j’ai tout de même essayé de « provoquer » l’avenir.

Je me suis donc inscrite dans une formation plus professionnalisante. Voilà aussi un des maux de notre pays. Certains diplômes universitaires sont loin de la réalité professionnelle mais ceci est un autre débat. Grâce à cette formation, j’ai rencontré mon futur employeur et ainsi de suite. Au final, la clé de tout reste les rencontres et ce que l’on décide d’en faire. Les opportunités se créent ainsi car même si je ne m’attendais pas à trouver THE JOB de mes rêves à la sortie de mes études, j’espérais au moins m’épanouir professionnellement. Seulement, la réalité nous rattrape mais on finit par enchaîner des CDD, plus ou moins épanouissants.

En discutant autour de moi, il y a nécessairement des personnes qui se sont accomplies très vite professionnellement mais j’ai pu constater qu’aujourd’hui les galères dans le monde du travail sont de plus en plus monnaie courante.

Au fil du temps, j’ai fini par accepter cette situation pour la prendre même avec philosophie. J’ai eu l’occasion d’exercer des métiers pour lesquels je n’étais totalement pas « destinée ». Aujourd’hui, je les vois comme des expériences qui m’ont fait évoluer vers mes futurs choix professionnels.

Avec du recul, cette crise des 25 ans est peut-être nécessaire comme la crise d’adolescence et celle du milieu de vie. Elle permet de savoir qui l’on est vraiment, où on en est dans notre vie et le sens que l’on veut donner à notre existence.

 

Crise des 25 ans – un sens à la vie

Cette crise des 25 ans permet de déboucher sur une période beaucoup plus sereine. Dans mon cas, elle m’a permis de m’accorder avec moi-même, notamment personnellement. En ce sens, je me suis finalement rendue compte que je pouvais totalement être « bien dans ma peau » et me réaliser en ayant des activités extra-professionnelles épanouissantes. C’est à partir de ce moment-là que j’ai pu profiter de la vie et des rencontres dont je vous parlais au-dessus. Je me suis ouverte et j’ai décidé de faire la part belle à mes choix de vie.

A mes yeux, le travail ne fait pas tout. J’ai décidé d’élargir mes horizons par rapport à ma recherche d’emploi, mettre peut-être de côté mon diplôme, et le fait d’être en accord avec cela m’a permis de me sentir plus légère. Plus légère à tel point, qu’une rencontre est venue changer le cours de ma vie. Celle qui a fait, qu’aujourd’hui, je suis une maman heureuse et que je fasse la belle expérience d’avoir une vie de famille. C’est à mes yeux le plus important pour moi.

La crise des 25 ans est à mon avis une variable d’ajustement vis-à-vis de nos rêves d’adolescents et d’étudiants. Elle permet de faire le deuil de notre vie d’avant et d’entrer dans le monde d’adulte en convoquant des rêves en adéquation avec la réalité. J’ai donc travaillé dans un domaine totalement éloigné de celui pour lequel j’avais étudié et acquis une expérience professionnelle qui me servira toujours !

Au final, il faut écouter ce qui réside au plus profond de nous. Et même si je me voyais accomplie professionnellement, j’ai toujours voulu avoir une famille et en faire ma priorité de vie. J’étais prête à faire beaucoup de concessions. Actuellement, je vois la crise des 25 ans comme un chemin sinueux qui nous invite à accorder nos guitares et savoir vraiment ce que l’on veut. Ma vie de famille me convient totalement et professionnellement, je ne veux plus  faire autant de concessions. C’est en ce sens que je vais faire un bilan de compétences qui me permettra de mettre en adéquation mes envies, mes attentes et mon projet de carrière. Je veux quelque chose qui me corresponde, un métier dans lequel je puisse me réaliser pleinement, en adéquation avec mes valeurs.

 

La crise des 25 ans se manifeste différemment selon nos chemins de vie mais avec du recul, elle nous mène plus ou moins rapidement là où nous devons être et avec qui nous devons partager notre avenir (amour, amitié, famille, réseau professionnel…).

 

 

Pour aller plus loin dans votre réflexion à propos de la crise des 25 ans voici quelques articles que j’ai sélectionné pour vous :

http://www.paulette-magazine.com/fr/article/la-crise-des-25-ans-ca-existe/5265

http://jactiv.ouest-france.fr/vie-pratique/forme-sante/qu-est-ce-que-crise-25-ans-53978

http://www.femmeactuelle.fr/bien-etre/bien-dans-ma-tete/crise-des-25-ans-27162

http://www.psychologies.com/Famille/Enfants/Epanouissement-de-l-enfant/Articles-et-Dossiers/Qu-est-ce-qu-un-enfant-epanoui/Le-blues-des-25-ans/11Vivez-vous-une-crise

http://www.lexpress.fr/styles/psycho/ma-crise-des-25-ans_1779252.html

http://www.psychologies.com/Planete/Societe/Articles-et-Dossiers/15-30-ans-attention-fragiles/5