PORTRAIT – Annie : étudiante en Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC)

Le titre de ce portrait cache un personnage atypique. En effet, quand j’écris étudiante, loin des stéréotypes de la petite étudiante qui vient de passer son baccalauréat, Annie, elle, est devenue étudiante en Médecine Traditionnelle Chinoise quand elle a pris sa retraire.

Rencontre avec une personne passionnée, pleine de vie, et de projets.

 

Plus que des études, la Médecine Chinoise Traditionnelle : un dessein de vie !

Depuis toujours attirée par les médecines naturelles, j’avais à cœur de vous faire partager cet intérêt. La Médecine Traditionnelle Chinoise trouve de plus en plus sa place dans la société. A l’image d’Annie, qui s’est, très tôt, tournée vers des médecines alternatives, de plus en plus de personnes autour de moi font la démarche de s’orienter vers l’homéopathie, l’acupuncture, l’ostéopathie, etc.

Pour Annie, son chemin vers la Médecine Traditionnelle Chinoise s’est finalement initié tout au long de sa vie. Depuis toujours, elle s’est tournée vers les médecines naturelles. Le premier livre qu’elle achète sur ce sujet parlait d’homéopathie, le deuxième d’ostéopathie, les prémices d’une longue série ! Chez elle, un meuble est entièrement consacré à la Médecine Traditionnelle Chinoise, au bien-être, à la diététique, etc.

Lorsque sa fille aînée s’enrhume pour la première fois, quand elle était bébé, Annie l’a amené chez le médecin qui lui a donné des antibiotiques. La cousine d’Annie, alors infirmière, lui dit « laisses-la avoir des rhumes, elle fera son immunité ! ». Pas besoin de beaucoup plus pour la convaincre, Annie a déjà totalement confiance dans les médecines naturelles.

Plus jeune, elle aimait déjà connaître la façon dont les « anciens » utilisaient les plantes. Curieuse de nature, Annie, s’était également tournée vers l’acupuncture. La Médecine Traditionnelle Chinoise pointait le bout de son nez.

 

Annie a quitté l’école générale très tôt pour s’orienter dans la coiffure. Passionnée par la coiffure, elle s’épanouie totalement. Plus tard, dans son salon, elle propose même des teintures biologiques pour cheveux.

Pour ma part, je connais Annie depuis longtemps. C’est la mère de mon professeur de danse. Toujours dynamique, elle nous suivait lors de nos représentations et spectacles. Souvent là pour nous coiffer, elle donnait également un gros coup de main à la réalisation des costumes. Un jour, alors que j’étais étudiante, stressée et pleine d’eczéma, elle s’est approchée de moi et m’a proposé de m’arrêter le feu. Là aussi, un héritage des « anciens » qu’Annie connaît bien. Un don que tout le monde n’a pas !

Puis, c’est quand elle prend sa retraite, qu’Annie se lance dans la Médecine Traditionnelle Chinoise. Un souhait qu’elle chérit depuis longtemps. Seulement, les études de MTC sont onéreuses. La vente de la maison de sa maman qui lui offre l’opportunité de débuter ses études en Médecine Traditionnelle Chinoise.

Approfondir ses convictions à travers la Médecine Traditionnelle Chinoise

Annie débute alors ses études de MTC et sa passion ne fait que croître d’années en années. En parlant avec elle, on découvre à la fois la complexité et la logique de la Médecine Traditionnelle Chinoise. En ce sens, j’ai voulu aller plus loin et savoir comment se déroulait ses études. En France, il y a de nombreuses écoles qui proposent des formations différentes et tout le monde peut y accéder. Le cursus que suit Annie se déroule en quarante week-end sur cinq ans. Par rapport à l’apprentissage en Chine, les études en France ne sont pas approfondies, car en Chine la Médecine Traditionnelle Chinoise s’enseigne sur cinq années entières. En France, seuls les médecins et les sages-femmes ont le droit de pratiquer la Médecine Traditionnelle Chinoise par le biais de l’acupuncture. Ces professionnels font souvent des formations complémentaires. Ils améliorent ainsi leur pratique afin de répondre au mieux aux patients et patientes qu’ils rencontrent.

J’ai moi-même été suivie en acupuncture pendant ma grossesse, et cela m’a permis de soulager mes douleurs, de mieux me reposer et de me détendre. En effet, la Médecine Traditionnelle Chinoise vient compléter la médecine allopathique, en ce sens qu’elle porte dans son diagnostic la conception globale de l’être. C’est une autre vision de l’être humain et de son entièreté. Annie s’est attachée à me donner une définition qu’elle a tiré d’un de ses nombreux livres : « la Médecine Traditionnelle Chinoise est une discipline scientifique qui a pour objet la physiologie, la pathologie, le diagnostic, la prévention et le traitement des maladies ». Dans ces cinq axes, la prévention est, selon Annie, une des clés de la Médecine Traditionnelle Chinoise. L’idée est d’aller à la racine du symptôme et d’aller au-delà, pour voir plus loin. « L’unité de l’organisme est prise en compte », dit-elle, « dans son environnement extérieur mais aussi dans son ensemble intérieur » : ses organes, ses tissus constitutifs, ses viscères, ses cinq mouvements de l’énergie (terre, bois, feu, métal et eau).

 

La Médecine Traditionnelle Chinoise dispose de plusieurs outils, plusieurs pratiques : la pharmacopée (utilisation des plantes, des insectes, par exemple), l’acupuncture, la diététique, le massage thérapeutique (tui na) et le qi gong. A travers sa formation, Annie étudie l’ensemble des pratiques et elle fait des stages complémentaires en massages ou dans l’apprentissage des pouls chinois. Elle apprend ainsi à diagnostiquer les pathologies tant physiques que psychiques. Le but du diagnostic est de savoir déceler ce que cache le corps, de gratter la surface et de découvrir la véritable source du problème. Selon Annie, « le corps parle » ! Elle décline ainsi très clairement les huit principes qui régissent le diagnostic. La superficie/la profondeur s’observe en corrélation avec le symptôme/la maladie, le froid/la chaleur avec les attaques intérieures/extérieures, l’insuffisance/l’excès avec le plein/le vide, le yin/le yang avec l’équilibre. Le yin et le yang doivent être parfaitement équilibré, il s’apparente à des vases communicants représentants le mouvement, et comme le conçoit Annie, « le mouvement c’est la vie » et celui-ci doit être totalement équilibré.

La Médecine Traditionnelle Chinoise s’appuie également sur d’autres diagnostics différentiels : selon l’énergie, le sang, les liquides organiques ; les organes et les viscères ; les six grands méridiens (rein-cœur par exemple, etc.). Puis, Annie m’indique également que chaque recherche de symptôme passe par l’observation de l’allure de la personne – le regard, les cernes, l’odeur, la peau -, les pouls, l’aspect de la langue, et enfin la palpation. Lors de notre entrevue nous ne sommes pas rentrés dans tous les détails car la logique de la Médecine Traditionnelle Chinoise mérite des heures et des heures de discussions afin de rentrer réellement dans les détails. C’est exactement ce qui passionne Annie. Elle me raconte que les premiers cours qu’elle a pris ont été très difficiles pour elle. De reprendre l’école à son âge, elle était stressée. Après les trois premiers cours, Annie s’est finalement sentie dans son élément. Elle « aime apprendre, aller au bout des choses ». La MTC est pour Annie un enrichissement personnel important.

 

Plus qu’un apprentissage, la Médecine Traditionnelle Chinoise une passion…

 Pendant les cours, Annie et les autres élèves apprennent bien évidemment la Médecine Traditionnelle Chinoise à travers des cours magistraux mais aussi grâce à des cas concrets. D’après ce que je ressens quand je parle avec Annie, la Médecine Traditionnelle Chinoise attire avant tout les personnes profondément humaines. C’est notamment ce qui se trame quand les cas concrets sont présentés pendant les cours. Tout débute par un entretien où les élèves en MTC posent des questions au patient. L’important pour Annie est de déceler ce que la personne ne dit pas. Souvent, la discussion est utile et se prolonge à travers l’inspection de la langue, puis la prise des pouls qui dictent l’état général des organes du patient. Lors d’un cours de massage et selon le diagnostic du patient, Annie aime, ensuite lorsqu’elle a l’occasion de masser le patient, « faire sortir » ce qui était enfoui en lui. La MTC permet de lâcher ce qui était à l’origine des blocages.

 

C’est parce qu’elle aime partager et qu’elle s’enrichit de la rencontre avec l’autre qu’Annie se passionne de la Médecine Traditionnelle Chinoise, qu’elle apprend de façon très méthodique. C’est son caractère, elle adore apprendre, partager et se sert de ses études pour conseiller son entourage sur les bons praticiens à aller voir, ou sur l’huile essentielle qui conviendrait dans tel ou tel cas… Parce qu’au fond, je crois que c’est la clé de la Médecine Traditionnelle Chinoise : un profond amour de l’Autre afin de l’aider à se sentir mieux dans son corps, dans sa tête et dans son être. Et Annie est le parfait exemple de cette alchimie même si elle avoue que ce n’est pas facile de convaincre les gens de s’orienter vers des médicaments naturels ou de se nourrir autrement !