Histoire de la danse – Partie 1 : Introduction

 

De quelle manière la danse classique a permis la création d’un répertoire ?

Introduction : La danse comme instrument du pouvoir

Les origines de la danse classique et du ballet remontent aux expressions originelles du mouvement qui consistaient en des rites, en des fêtes civiles ou religieuses. Le moyen utilisé par les hommes pour attirer l’attention des dieux s’est très vite porté vers l’utilisation de la danse. Cette dernière a pour intérêt de convoquer les divinités afin de maîtriser les éléments qui dépassent la nature humaine. L’homme paléolithique est confronté à des phénomènes sur lesquels il ne peut avoir de pouvoir. Il s’adonne ainsi à des rites dansés pour provoquer la pluie ou réalise des danses solaires ou lunaires. La danse est ensuite présente partout dans la civilisation grecque : rites religieux, cérémonies civiques, fêtes, éducation des enfants, entraînement militaire, vie quotidienne, etc. Elle permet également de rendre hommage aux dieux devant les temples. Il y a même des danses consacrées à un dieu particulier. Le culte de Dionysos est généralement dansé. Peu de temps après, pendant le Moyen Age, la tradition continue à lier la danse à la religion. Mais l’époque est sujette à des crises qui vont toucher les sensibilités et s’amorce une prise de conscience et d’une réflexion sur la vie et la mort : c’est l’ère des danses macabres. De ces danses collectives ressort une longue maturation qui conduit la danse à s’ouvrir vers de nouveaux horizons. Les danses de groupe tendent alors vers des danses de couples. En effet, vers le XIIème siècle, la danse noble, à l’image de l’écart qui se creuse entre les classes, tend à s’éloigner des danses populaires : s’opère un refus du « corps collectif » (institué dans les danses populaires) dans la volonté de raffinement entrepris par les couches aisées.

 

La véritable impulsion est donnée par les cours européennes à travers l’Europe pendant la période de la Renaissance. C’est à cette époque-là qu’apparaît le maître à danser qui, au service des princes et des rois, instaure des règles qu’il enseigne. Se développent ainsi des techniques, des postures et des pas qui sont retracés dans des traités pour envisager le ballet dans sa globalité. Ces derniers jettent alors les bases d’un art qui se veut être les prémices de la danse classique. Le plus majeur d’entre eux a été écrit par Toinot d’Arbeau et se nomme L’Orchésographie. Il décrit les danses de caractère et les pas de danse de cour du XVème et du XVIème siècle. La danse devient alors, dans l’Italie du XIVème et XVème siècle, le prétexte de fêtes à la gloire des princes permettant de s’écarter du dogme religieux replaçant l’homme au centre du monde. Les spectacles à l’italienne vont s’expatrier en France grâce à Charles VIII et François 1er.

 

Déjà, le ballet de cour connaît la recherche de la virtuosité et de l’illusion scénique. Petit à petit, l’influence du roi agit sur la danse par la création en 1570 de l’Académie de musique et de poésie. La danse commence donc à s’intellectualiser par le lien qui s’établit entre elle et la littérature. Le Ballet comique de la reine le 15 octobre 1581 est donné au Louvre pour le duc de Joyeuse. L’art total prôné à cette époque est réalisé pour la première fois en France par l’unité dramatique : musique, poésie et danse. Mais dès lors le ballet entre dans une dimension politique grâce à son apparence faste. D’une durée de dix heures, le spectacle, auquel assiste plus d’un millier de personnes, a coûté une somme conséquente. A partir de cet évènement, le ballet de cour est utilisé pour appuyer la justice et la puissance du roi.

 

Celui qui use et utilise de cette association est bien évidemment Louis XIV. Il est l’emblème même de ce lien qui uni pouvoir et danse. Le futur roi fait alors son apparition à l’âge de treize ans en 1651 dans Cassandre. Bon danseur, il développe et voue une vraie passion pour cet art. Très vite, il devient même son instrument de règne et permet de le symboliser en tant que Roi-Soleil. Tous les arts lui permettent de travailler son image. La naissance des académies profite dès lors au classicisme tandis que le baroque italien est rejeté.

 

Retrouvez l’intégralité de l’Histoire de la danse dans l’Avant-Propos